Saint Martin des Tilleuls

ÉGLISE DE SAINT MARTIN DES TILLEULS

SM_eg_027Avant le regroupement des paroisses, le relais de « Saint Martin des Tilleuls » fut dénommé Saint-Martin L’ars en Tiffauges jusqu’en 1931. Ce changement de nom fut décidé par le conseil municipal suite à de nombreuses confusions de courrier avec Saint-Martin Lars (en Ste Hermine) ainsi qu’avec Tiffauges. Ce relais d’une étendue de 1402 hectares, est bordé au nord-ouest par Tiffauges, au nord-est par Saint Aubin des Ormeaux ; à l’est par la Verrie, à l’ouest, par Les Landes Genusson, et au sud, par la Gaubretière.

C’est une langue de terre, large d’environ deux kilomètres, resserrée entre deux cours d’eau : Le Vrignon, appelé aussi Mapha, d’un côté, et la Crûme, de l’autre ; tous deux tributaires de la Sèvre Nantaise et coulant à peu près parallèlement du sud-est au nord-ouest au milieu de vallons charmants. Le territoire est arrosé aussi par un autre ruisselet sans importance, connu sous le nom de Pétrolia qui alimente l’étang communal du bocage.

Saint Martin l’Ars doit signifier probablement la même chose que Saint Martin le Brûlé. Dans le vieux français on disait, en effet, ardoir, ardre (brûler) dont arseure, arsure (brûlure), arsin et arsis (incendie), ars (brûlé). Par suite, l’orthographe régulière de ce nom serait donc Saint Martin l’Ars. Les anciens titres portent presque tous, il est vrai, Lars sans apostrophe ; mais cela ne fait rien à la chose ; et dans bien des cas analogues se trouve supprimé, à la suite de l’article le ou la devant un mot commençant par une voyelle.

Si nous pouvions trouver dans l’histoire de cette localité le fait d’un incendie qui l’aurait consumée en tout ou en partie, le doute ne serait plus possible, et l’étymologie proposée serait, dès lors, suffisamment justifiée ; mais son histoire ne nous apprend rien de semblable, et, conséquemment, nous ignorons la raison de ce surnom d’Ars ou brûlé qui lui a été donné.

Quant au nom de Saint Martin, il est manifeste qu’il a été imposé à cette paroisse, à l’époque de sa fondation, par la reconnaissance des premiers membres de la communauté chrétienne, soit parce que le saint abbé de Ligugé les aura évangélisés en personne, soit parce que son fondateur y aura apporté une relique du grand thaumaturge… Les deux hypothèses sont vraisemblables.

SM_eg_019L’église de Saint Martin qui existait, avait été construite en 1666, d’après la date inscrite sur une pierre de la voûte du chœur. Cette ancienne église, dont une grande partie avait été incendiée pendant la Révolution de 1793 était mal bâtie, fort sombre et très humide. Les vitraux y étaient inégaux et fort petits. Au-dessus du mur de la façade qui n’offrait rien de remarquable s’élevait un pignon avec deux petites fenêtres où l’on mettait les cloches, pesant au plus 12 kilos. Au haut des murailles du chœur ; à l’extrémité, se trouvaient des pierres qui représentaient des figures grotesques, hideuses et bizarres… Cette église était dans un état digne de pitié et fort inquiétant pour les fidèles.

L’église actuelle de Saint Martin date de 1891 ; elle est de style romano-byzantin. Son plan par terre présente un vaste carré dans lequel est inscrite une croix grecque. Sur quatre piliers solides, mais qui n’ont rien de lourd, s’élève une fausse coupole centrale, accompagnée aux angles de quatre autres plus petites. En bas, le clocher s’avance en entier sur la place, et, en haut, la croix se prolonge par l’abside du chœur et deux absidioles encadrant les trois autels. L’abside principale est décorée, dans son pourtour intérieur, d’une série d’arcatures d’un bon effet.

Le maître autel en pierre blanche, dominé par une grande croix également de pierre avec christ aux côtés de laquelle se dressent, à la place ordinaire des anges adorateurs, une mater dolorosa et un saint Jean, s’enlève fort bien sur le fond de l’abside sobrement ajouré.

Les deux petits autels, dédiés à Notre Dame du Rosaire et à Saint Jean Baptiste, sont également neufs et d’une élégante simplicité.

Joignez à cela un chemin de croix moderne et une chaire ancienne, mais convenable, et vous avez une église très bien meublée, d’un aspect sévère et gracieux tout à la fois, qui à l’heur de satisfaire les goûts les plus difficiles.

SM_eg_201L’architecte, M. Le Diberder, de Nantes, eut à vaincre d’assez sérieuses difficultés : il lui fallait faire un édifice assez spacieux sur un terrain resserré entre le clocher, d’une part, et l’abside, de l’autre, conservés de l’ancienne construction de 1838. Le style romano-byzantin qui s’imposait, l’a merveilleusement servi pour parer à ces diverses exigences, et il peut se féliciter d’avoir construit une charmante église dont le pasteur et les habitants de Saint Martin ont aussi le droit d’être fiers.

La particularité de l’église c’est son clocher original en forme de Tiare et les 8 saints qui l’entourent (de face, St Hilaire et St Martin ; à droite, St Louis, en souvenir du Donateur, le Marquis de Quatre-Barbe et Jeanne d’Arc ; à gauche, le Pape Léon XIII et St François d’Assise ; au dos, St Constant, en souvenir du Maire et du Curé de la Paroisse et un moine non identifié).

 (Texte tiré des chroniques paroissiales de Février 1899)

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